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Mini roadtrip dans les Pyrénées

Dernière mise à jour : 31 janv.

Entre janvier 2020 et avril 2021, le COVID et nos boulots respectifs nous ont empêché de voyager, que ce soit en France ou à l’étranger.

Entre deux confinements, nous avons entr’aperçu une possibilité d’organiser un petit séjour à Pâques dans les Pyrénées. Nous avons profité de passer par Bordeaux pour louer un campervan chez Indie Campers* pour ce que nous espérions être un séjour de 8 jours et 7 nuits.

Malheureusement, la veille de notre départ, à 20h, le gouvernement annonce un nouveau confinement, avec une tolérance pour le week-end de Pâques.

Ces annonces ont changé beaucoup de choses pour nous : de nombreux lieux que nous souhaitions visiter ont été contraints de fermer, comme ce fut le cas pour certains campings, certaines routes qui devaient ouvrir pour le début du printemps sont restées fermées, nous avons donc dû tout réorganiser la nuit précédent notre départ … et raccourcir notre séjour à 5 jours.


Jour 1 : Bordeaux - Gourette

Jour 2 : Gourette - Cauterets

Jour 3 : Cauterets - Gavarnie

Jour 4 : Gavarnie - Lac du Tech

Jour 5 : Lac du tech - Bordeaux



Jour 1 : Départ et galères en chaîne


Nous partons donc en rassemblant toute notre bonne humeur, heureux d’avoir enfin la chance de partir quelques jours prendre l’air en van.

Nous partons de Salaunes en direction du pic d’Ayous, où nous avons prévu de dormir après plusieurs heures de route et une belle randonnée.

Nous sommes tous les deux émerveillés par les paysages que nous croisons, de plus en plus montagneux et parfois encore enneigés, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Nous sommes sur de petites routes sinueuses, à flanc de montagne, avec des rivières qui serpentent en contrebas … jusqu’à un gros embouteillage. Un accident grave venait d’avoir lieu, nous sommes restés bloqués près de trois heures, quelque peu sous le choc de cet accident à quelques mètres devant nous. Nous tentons de nous réorganiser, conscients que nous ne pourrons randonner.

Une fois arrivés à proximité du parking d’Ayous, la route est fermée. Nous réalisons que c’est pour cela que nous nous organisons autant : pour éviter ce genre de déconvenues. Nous décidons donc de faire demi-tour, un peu dépités par cette première journée.


Nous nous arrêtons au bord du Gave d’Ossau pour prendre quelques photos, puis repartons, en direction de notre prochain arrêt, en direction du lac du Tech, en nous disant que nous trouverons un autre endroit autorisé où nous garer pour passer la nuit sur la route ou sur le parking du lac. Nous passons donc par Laruns et Eaux-Bonnes. Nous nous arrêtons à Gourette, qui a des airs de ville fantôme, puis continuons à monter jusqu’au col d’Aubisque.


Arrivés au col d’Aubisque, nous voyons un camping-car garé, prêt à passer la nuit ici. Nous comprenons rapidement pourquoi : la route est elle aussi fermée.

Fatigués, nous décidons que nous avons vécu assez d’aventures aujourd’hui et décidons de passer la nuit au col d’Aubisque, où la vue est exceptionnelle. Nous en profitons pour faire voler le drone et la nuit tombe rapidement.


Nous discuté avec le couple du camping-car déjà présent sur le site, qui nous invite à prendre l’apéritif. Nous découvrons des gens adorables, qui vivent dans leur camping-car à l’année. Les expériences en van nous ont toujours permis de faire des rencontres aussi inattendues qu’incroyables.



Jour 2 : Suite sous de meilleures auspices


Nous dormons quelques heures puis nous levons tôt pour pouvoir profiter de ce lieu, que nous n’avions pas prévu de visiter, mais dont nous ne sommes pas déçus tant il est beau. Nous sommes seuls, c’est incroyable.


Nous passons dire au revoir au couple qui nous a accueillis la veille, ils sont encore endormis et n’osons pas les déranger. Nous regrettons beaucoup de ne pas leur avoir laissé notre contact (si vous passez par là, écrivez-nous !)


Nous reprenons notre chemin en repartant par la route par laquelle nous étions arrivés la veille, en ayant décidé de ne pas aller au lac du Tech car le détour serait trop grand. Direction Cauterets, où nous avions réservé une nuit dans un camping.

Juste après Eaux-Bonnes, nous voyons un petit cours d’eau qui a des airs de Fondcombe (une ville elfique paradisiaque dans le monde du Seigneur des Anneaux), nous nous arrêtons donc pour le photographier.


Arrivés au site du Pont d’Espagne, dont nous avons beaucoup entendu parler, nous mangeons un petit sandwich maison dans notre van, puis nous nous changeons, direction la randonnée. Nous passons devant les cascades, le site est absolument magnifique.



Nous continuons la randonnée jusqu’au lac de Gaube, tout aussi incroyable. Un couple quitte le site, nous nous retrouvons seuls à profiter de cet endroit magique. Nous mesurons notre chance et quittons quelques instants le quotidien angoissant que nous vivons alors à ce moment-là.


La pluie se met à tomber, nous commençons donc à rentrer. A la fin de la randonnée, nous repassons devant la fameuse cascade qui se déverse sous le pont et nous arrêtons encore pour l’admirer. Soudain, notre patience est récompensée : la pluie s’arrête, une éclaircie de fin de journée en contre-jour la fait briller la cascade d’une lumière dorée. On se croirait encore à Fondcombe ! Décidément, nous sommes gâtés. Même les photos prises avec nos téléphones sont incroyables.


Nous rentrons au camping (Les Glères) à Cauterets, avec un personnel sympathique et tout le nécessaire pour les vidanges du van aménagé sur un parking tout près.

C’est dans ce genre de moments que notre manque d’expérience se voit : les créneaux pour entrer proprement dans les emplacements prévus pour les campings cars. Heureusement que des touristes habitués des manœuvres avec de gros véhicules ont eu la gentillesse de nous guider, car nous étions en fâcheuse posture …



Jour 3 : le voyage continue


Le lendemain, nous remplaçons l’eau sale du van par de l’eau propre, jetons nos déchets, puis repartons en direction du cirque de Gavarnie, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, que nous avions hâte de découvrir.

Nous sommes photographes, ce qui ne nous empêche pas de faire parfois de vraies photos de touristes (nos mamans sont toujours très contentes d’avoir des photos de nous) ;)


Nous constatons assez rapidement que le confinement ne nous a pas été bénéfique sportivement parlant. Nous sommes beaucoup plus fatigués pour cette randonnée que pour celle du Pont d’Espagne et du lac de Gaube de la veille. Les pentes sont plus douces mais constantes. Nous nous promettons de travailler notre cardio en rentrant ! Cependant, la randonnée est très belle et nous nous arrêtons à plusieurs reprises (pour souffler) pour profiter des différents paysages.

Puis nous arrivons au cirque de Gavarnie, qui tient toutes ses promesses, c’est un bonheur pour les yeux. Se trouver au milieu du cirque est impressionnant.


Nous nous baladons un peu, prenons quelques photos, puis rentrons pour manger.

Nous prenons un temps pour réorganiser la fin de notre séjour car après plusieurs recherches, nous constatons que d’autres routes sont toujours fermées et ne nous permettront pas d’aller sur les sites que nous avions prévu de visiter.

Puis, avant de quitter Gavarnie, nous retournons sur la route au début de la randonnée pour manger une crêpe au chocolat et prendre encore une dernière photo.


Nous partons dans un petit camping (Le Pain de Sucre) que nous avions réservé, dont le propriétaire est adorable. Nous dormons entre les montagnes, au bord d’une petite rivière et profitons de cet instant pour trier les photos que nous avons prises jusqu’alors. Alex en profite également pour prendre une photo du coucher de soleil les pieds presque dans l’eau.



Jour 4 : un dernier jour ensoleillé


Nous quittons tôt le camping pour partir en direction du lac du Tech, en passant par de petites routes de montagne et de campagne, qui nous permettent de découvrir encore de superbes paysages (et de croiser de très nombreux cyclistes !)

Nous faisons une halte à Pierrefitte-Nestalas pour quelques courses et l’achat de souvenirs gourmands pour nos proches.


Nous réalisons que nous n’avons plus de réseau et tentons d’envoyer un message à nos proches pour les prévenir d’où nous sommes et de notre programme en nous disant que lorsque nos téléphones capteront un peu de réseau, il enverra les messages.

Nous arrivons enfin au lac du Tech, un « lac EDF », créé par un barrage construit entre 1949 et 1951 particulièrement impressionnant. Nous passons cependant notre chemin car nous souhaitons tout d’abord faire la randonnée du lac de Suyen, situé non loin du lac du Tech.

La randonnée du lac de Suyen, assez courte, nous a beaucoup plu. Nous sommes dans les bois pendant presque toute la durée de la marche, avant d’arriver au lac, indiqué par un panneau.

Il était assez bas mais d’un bleu magnifique, entouré de montagnes.


Nous longeons le lac et poussons jusqu’à la cascade de Doumblas le long du gave d’Arrens, qu’Alex entreprend de traverser pendant que Marion profite du paysage et du soleil, perchée sur un rocher comme une marmotte.


Nous rebroussons chemin pour rentrer, retrouvons notre van sur le parking et retournons au lac du Tech. Nous trouvons un endroit où nous garer sans gêner car nous passerons la nuit ici.

Nous mangeons un morceau, puis allons nous balader le long du lac, prenons quelques photos puis allons marcher sur le barrage. La vue est impressionnante et nous donne un peu le vertige.

La zone s’étant vidée d’oiseaux et de pêcheurs, nous faisons voler le drone quelques minutes puis rentrons manger et dormir dans le van, garé en face du lac.



Jour 5 : Dernières rencontres, drame et retour


Le matin, nous nous levons (encore) aux aurores, pour avoir la chance d’assister aux premières lueurs du jour sur le lac. C’est magnifique. Les bords du lac sont givrés, le lac est si calme qu’on croirait regarder dans un miroir.

Nous nous couvrons bien et partons faire le tour du lac à pied.



Au retour de notre balade, un couple garé à côté de notre van est en train de se préparer pour une randonnée et discute avec nous. Ce sont aussi des amoureux de nature et d’escapades en van, nous parlons longuement de photo de paysage, de photo animalière, des Pyrénées … nous échangeons nos adresses mail, puis le couple part en randonnée.

A ce moment-là, nous nous regardons, nous sommes heureux. Ce séjour a très mal démarré, il fut très court mais même en si peu de temps, nous avons fait des rencontres inoubliables.

Deux fois nous avons rencontré des gens aussi adorables qu’exceptionnels.


Nous entreprenons un grand nettoyage et rangement du van, puis partons.

Sur la route, nos téléphones ne s’arrêtent plus de vibrer : nos proches nous ont tous deux appelés à plusieurs reprises et laissé de nombreux messages … Nos messages ne s’étaient jamais envoyés et nos proches étaient très inquiets. Nous les appelons pour les rassurer et leur raconter cette dernière journée et notre nuit au bord du lac du Tech, avant de rentrer à Salaunes pour rendre notre van, puis à Bordeaux.


 

Petit coup de gueule ...

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Reconfinés, nous avons tenté de faire valoir nos droits auprès d’Indie Campers, puisqu’il nous était impossible d’effectuer la totalité du séjour légalement.

Pour diverses raisons, nous n’avons pas été satisfaits du tout du van que nous avons eu, ni du service d’Indie Campers.


En effet, ce n’était pas la première fois que nous louions un campervan, nous l’avions déjà fait en France et à l’étranger, sans jamais avoir de problème. Cependant, il nous semble important de partager notre expérience et signaler les déconvenues auxquelles nous avons fait face.


· Tout d’abord, leur organisation est chaotique. Et pour cause, le jeune homme qui gérait alors le site de Salaunes était seul et travaillait tous les jours, quasiment 24h/24. Le site d’Indie Campers avait même renseigné sur Google le numéro personnel de ce jeune homme, qui, après les annonces gouvernementales (à partir de 21h), a dû se débrouiller seul avec des clients en colère, des annulations et reports. En termes de droit du travail, il nous semble que la situation est complètement abusive.

· Malgré les annonces gouvernementales et le fait que nous ayions tout fait pour être extrêmement arrangeants, Indie Campers a refusé de nous rembourser les trois nuits et quatre jours pendant lesquels nous n’avions légalement pas le droit ni la possibilité d’honorer notre réservation. Nous avons perdu près de 500€ !

· Leur service après-vente n’est tenu que par des anglophones. Nous n’avons heureusement pas de problème pour parler anglais mais nous nous sommes mis à la place de personnes qui étaient aussi perdues que nous et ne parlant pas un mot d’anglais.

· Il s’agit d’une agence low coast : les prix ne sont, de prime abord, pas très élevés en comparaison aux autres loueurs de vans. En revanche, tout est optionnel et la moindre option est payante. A titre d’exemple, nous avons payé les options suivantes : l’option vaisselle (elle n’est plus payante désormais, tout était en plastique, deux couteaux, deux fourchettes, deux assiettes, tout était sale, il y avait le petit strict minimum, et encore … une casserole mais pas d’égouttoir, même pas de quoi faire des pâtes) et l’option literie à 44€ (les draps étaient troués et très sales, avec une odeur très désagréable). Nous avons dû également payer un supplément pour le kilométrage illimité à 20€ par nuit, 23,30€ pour une « prise en charge anticipée » (avant 11h30) et 100,70€ pour une « restitution tardive » (à partir de 19h).

Par ailleurs, nous devions partir avec une bouteille de gaz pleine (toute ouverture d’une nouvelle bouteille de gaz était facturée presque 100€). La nôtre nous a lâchés dès le premier soir, nous avons dû la changer dans la nuit et donc, en ouvrir une nouvelle. Heureusement, le jeune homme d’Indie Campers ne nous l’a pas facturée.

· Indie Campers a par ailleurs dû sélectionner le constructeur le moins cher, car chaque nuit, nous avons dormi en ayant aussi froid que si nous étions en tente. Le van est très mal (pour ne pas dire pas du tout) isolé, de l’air passe sous le lit et par les fenêtres, nous avons dormi habillés avec pulls, bonnets, gants et double paire de chaussettes.

Nous avions pourtant vécu 10 jours en van en Ecosse par un temps plus froid, plus venteux et plus humide et n’avons jamais eu aussi froid.


Nous avons bien sûr fait part de toutes ces observations au jeune homme d’Indie Campers de Salaunes, qui était désolé et nous a laissé entendre que nous n’étions pas les premiers à nous plaindre des mêmes problématiques ainsi qu’à la compagnie d’Indie Campers, qui a refusé tout remboursement ou geste commercial.


Vous l’aurez compris, nous sommes non seulement scandalisés par la mauvaise qualité des services proposés au regard des prix exorbitants de la compagnie, mais également et surtout par la malhonnêteté dont elle a fait preuve, dans un contexte difficile.

Nous avons l’habitude de vous recommander les endroits que nous avons aimés et les commerces qui nous ont permis de passer de bons moments, mais exceptionnellement, nous vous déconseillons la compagnie Indie Campers ... Sauf si vous êtes absolument certain(e)s à 100% de ne pas avoir de souci en route, d’apporter vos propres affaires, d'éviter toute option payante et que vous voyagez en été, lorsque vous ne risquez pas d’avoir froid la nuit.

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